vendredi 1 janvier 2016

Un projet, un livre : UHURU - Le Marionnettiste

Cette petite merveille de logo a été crée par une graphiste de talent sur son temps libre donc un grand merci à Anne-Laure qui a pris le temps de me créer ce magnifique titre pour le livre ! 

Aujourd’hui, j’ai envie de vous présenter un petit projet qui m’a longtemps tenu à cœur et qui est sur le point d’aboutir (même s’il faudra encore perfectionner cette petite chose à coup de relectures et de nombreuses semaines de travail – on fera donc ça pendant mes quatre mois de vacances d’été). Il y a bientôt deux ans, j’ai commencé à écrire un livre. Oui, oui, un vrai livre, avec des chapitres, des pages, des personnages, une histoire compliquée, de l’amour, des trahisons et tout un tas d’autres choses qui, je l’espère, arriveront à former un livre une fois assemblées. Des chapitres longs, des personnages divers et variés – une manière de dire qu’il y en a beaucoup, beaucoup – et plusieurs intrigues, Uhuru est construit à la manière d’une série avec une question finale : qui donc tire toutes les ficelles de ce monde cruel qu’est Uhuru ? Qui donc s’amuse de voir souffrir toutes ces personnes pas si innocentes que ça ?

Pour l’instant, j’ai écrit les 18 premiers chapitres, le prologue, l’épilogue et le dernier chapitre. Il manque donc les chapitres entre le 18e et le dernier (donc un ou deux, pas plus).


 Derek, Rosalee, Rusty et Giac ont décidé de raconter leur histoire au docteur Ziegler. Cette histoire, même eux ne connaissent pas encore la fin mais ils savent comment tout à commencé et, selon eux, l’histoire commence avec April Van Drew, jeune policière dans la petite ville d’Averley. Leur rencontre avec April, aucun d’eux ne pourra l’oublier. Derek la rencontra alors qu’elle venait pour le questionner au sujet de meurtres dont elle le pensait coupable, Rosalee la rencontra alors qu’April était ivre à une soirée, Rusty lorsqu’il se jeta sous les roues d’une voiture et Giac, lorsqu’il l’emporta à l’écart après la mort de sept personnes. Ce n’est pas leur rencontre avec April qui changea leur vie mais son impact n’est pas négligeable, c’est pourquoi c’est avec elle que leur historie commence.

Lorsqu’April est appelée dans le cadre d’un triple meurtre, ses suspicions se portent presque automatiquement sur Derek Samson, séduisant avocat ayant déjà été suspecté de meurtre à New York, dans les mêmes conditions. Alors qu’elle entame une bataille contre lui pour découvrir la vérité, elle va tomber dans un monde qui n’est pas le sien, dans le monde d’Uhuru là où les premiers hommes se sont réfugiés lorsque la terre changea brusquement d’axe entraînant une destruction que même eux ne pouvaient pas contrer. Ce monde, c’est Uhuru, une gigantesque ville dirigée par une reine sans pitié, Cassandra, défiée par une rébellion dirigée par le rebelle Caleb Fhoss. Les uhuriens ont des pouvoirs considérables et surtout ceux de la famille royale tels que Derek, Rosalee, Rusty et Giac, les enfants de Cassandra.

La vie sur Uhuru n’est pas aussi merveilleuse qu’elle pourrait l’être dans un lieu si merveilleux où la technologie est en avance de plusieurs siècles parce que qui dit rébellion dit quelqu’un contre qui se rebeller et ce quelqu’un est Cassandra, cruelle et sanguinaire, même envers ses propres enfants.

Le livre se concentre autour d’April et des membres de la famille royale mais avec eux, d’autres personnages sont présentés tels qu’Azazor, l’homme le plus vieux du monde (avec quelques millénaires au compteur), Roan (l’homme de fer et assassin), Habby, Logan et Key (les deux frères seuls face à l’adversité), Caleb (le rebelle), Eileen et Rebecca (les orphelines sans pères), Luke et Lauren (les colocataires embarqués malgré eux dans une histoire qui les dépasse), Marctus (le survivant du génocide de son peuple), James et Vlad (les sceptiques de la famille royale) et aussi Ruby qui cherche à se venger de presque tous. A côté d’eux, on retrouve également les chefs d’autres peuples comme Kobb pour les Parleurs de Mort, Arasmus pour les Mengis et Morhel, le vieux sage des Adanas.

Ensemble et unis, ils arriveront peut-être à changer leur monde – est-ce moi ou cette dernière phrase faisait très Miss France ?


Dans Uhuru, le thème principal est celui d’une révolution, d’une volonté de liberté. C’est ce à quoi renvoie le titre Uhuru qui signifie liberté, indépendance en swahili. Mais à côté de ce thème principal, Uhuru aborde certaines questions plus personnelles. Parmi elles, les violences conjugales, les enfants battus (un thème qui m’a toujours tenu à cœur), les violences psychologiques, l’emprise (quelque chose que très peu de personnes connaissent et comprennent), l’indépendance, le droit de choisir son propre avenir, la volonté de s’écarter du chemin déjà tracé pour nous, le suicide, la dépendance (ce thème m’a d’ailleurs été demandé par la dessinatrice qui a réalisé les merveilleux dessins de personnages du livre et qui, en gagnant un concours de fan art avec l’un de ses dessins, a été à l’origine du personnage de Mizore qui se bat avec sa dépendance en filigrane du reste du livre), la lâcheté, l’amour, l’homosexualité, la souffrance …

Ces thèmes sont abordés à côté de l’histoire principale qui prend déjà beaucoup de place et tous permettent de découvrir les personnages un peu plus à chaque seconde car chacun a une part d’obscurité en lui et c’est surtout ça qui nous permet de connaître les personnages, découvrir l’origine de leur colère, de leurs peurs, de leur haine des autres car, oui, aucun d’eux n’est véritablement sain d’esprit car même le personnage le plus sain a un passé. Qu’il ait souffert ou fait souffrir, ses secrets seront bientôt les vôtres.



















- Marctus a dit que vous étiez le meilleur.

Le soleil perçait à travers les deux grandes fenêtres du bureau. Des rideaux irisés pendaient devant les carreaux, attachés par une simple corde dorée. La lumière qu’ils filtraient mettait en valeur le massif bureau de bois ciré sur lequel était disposé, bien en évidence, un diplôme de psychologie dans un riche cadre en loupe d’orme près duquel trainait une paire de lunettes à monture d’écaille. L’homme qui se tenait habituellement derrière ce bureau s’appelait Paul Ziegler, petit, chauve, un peu ventripotent, avec des petits yeux gris et une épaisse moustache bien taillée. Il n’était pas très beau, mais les quatre magnifiques personnes qui étaient alors présentes dans son bureau suffiraient à le faire paraître laid. Le Dr Ziegler était maintenant confortablement installé dans un fauteuil Voltaire. En face de lui, sur un canapé, trois hommes et une femme dont le lien de parenté ne pouvait échapper au premier regard. Tous les quatre avaient le même profond regard d’azur. Les trois hommes étaient bruns, la fille blonde. Ils avaient cette prestance, ce maintien, qu’ont les gens qui se savent de bonne famille. Lorsque le Dr Ziegler les avait invités à rentrer, ils avaient pris place sur le canapé l’un après l’autre et il avait pu noter combien, malgré leur ressemblance, leur style était différent. Le premier homme, assis à gauche, portait un costume trois-pièces noir impeccable, des chaussures parfaitement cirées et une cravate rouge vif, le second était presque entièrement habillé de cuir noir, manteau long, pantalon serré et bottes de cavalier. Le troisième et dernier homme était simplement en jean et baskets. Mais ce visage et ces yeux si semblables, malgré ces allures si différentes, étaient dérangeants. La jeune femme s’était installée en dernier, ses cheveux blonds flottaient derrière elle, ses yeux céruléens fixaient le docteur avec ce qu’il ressentit comme de l’appréhension. Elle était sur ses gardes prête à réagir, se défendre ou s’enfuir, on ne saurait le dire. Comme ses frères, elle était grande et élancée, vêtue de cuir de la veste aux pieds, son pantalon collait à ses longues jambes fines. 

Lorsqu’ils eurent pris place, le premier resta bien droit, un peu figé, le second croisa les jambes, très décontracté, et le troisième les garda écartés en s’installant dans l’angle du grand canapé, semblant absent. La jeune femme, elle, s’était retrouvée, un peu coincée, entre deux de ses frères.
Elle se tenait droite, les jambes collées, et délicatement inclinées sur le côté, concentrée. Jamais le Dr Ziegler n’avait vu de groupe aussi hétérogène dans l’attitude et homogène physiquement. Il était évident que chacun cherchait à se distinguer des autres.

- Marctus a dit que vous étiez le meilleur, déclara alors celui de gauche.

Ses yeux se fixèrent sur le docteur, alors que les trois autres semblaient ignorer sa présence. Visiblement, ils n’avaient pas choisi de se retrouver là.

- Monsieur Marctus est l’un de mes meilleurs clients, répondit le docteur.

La jeune femme laissa échapper un sifflement dédaigneux que tous firent semblant de ne pas avoir entendu. Comme personne ne réagissait, elle se permit d’exprimer son avis de manière plus explicite.

- Ceci est parfaitement inutile, dit-elle alors.

Elle se leva et l’un de ses frères prit son bras pour l’empêcher de partir.

- Rosalee, dit-il d’une voix calme. Assieds-toi.

Elle se dégagea d’un coup sec.
Maintenant !
Chacun entendit ce mot résonner dans la pièce sans que personne ne l’ait prononcé. Cela eut l’effet escompté, Rosalee se rassit.

- Voulez-vous commencer ? demanda le docteur Ziegler en désignant Rosalee d’un signe encourageant de la main.

- Je n’ai aucune envie d’être ici, répondit cette dernière. Je ne vous parlerai pas.
- C’est le but de la thérapie familiale, fit remarquer le frère au pantalon de cuir.
- Et notre famille s’en sortait parfaitement bien avant, merci, Rusty.
- Tu t’attends à ce qu’on soit d’accord ? demanda le frère en jean.

Rosalee se tourna vers lui et lui décrocha le sourire appuyé de celui qui veut provoquer et « Ferme-la Giac » en était clairement la signification.

Puis, acceptant sa défaite, elle laissa s’enfoncer son dos dans le canapé et croisa les jambes.

- Parfait, dit-elle, boudeuse. Derek, tu as insisté pour qu’on vienne, c’est toi qui parles.

Le troisième frère, Derek, celui en costume, paraissait bien plus à l’aise que le reste de sa fratrie alors que les trois autres ressemblaient à des agoraphobes au milieu d’une place publique. Il s’avança au bord du canapé et fixa son regard sur le Dr Ziegler.

- Par où est-ce que je commence ? demanda-t-il en se tournant vers sa sœur.
- Le début ? proposa cette dernière avec un ton de voix dénonçant un sarcasme.

Elle avait gardé son sourire narquois, mais ses yeux fixaient son frère avec une expression de colère.

- Trop long, éluda Derek prétendant ne pas avoir saisi le sarcasme.
- April.

C’était Rusty qui avait parlé. Voyant les regards se concentrer sur lui, il haussa les épaules et reprit son air décontracté.

- Commence par April, répéta-t-il alors, fixant toujours un point au loin.


Voilà ! Vous avez enfin eu un avant-goût d'Uhuru et, avec beaucoup de chance, un jour ça sera un véritable livre (je croise les doigts). Donnez-moi votre avis sur le prologue et sur l'idée en général, j'adorerai avoir vos retours ! Bonne journée et surtout bonne année !